Le Lien
MOUVEMENT NATIONAL POUR LE DROIT
D’ACCES AUX ORIGINES FAMILIALES
N° 1
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Bonjour à tous,
Je suis heureuse de vous retrouver par l’intermédiaire du Lien n° 1, qui j’espère sera suivi d’autres numéros (2 par an). Ce journal nous permettra de vous tenir au courant des actions effectuées par l’association.
Les actions menées depuis plusieurs années en faveur de la recherche des origines et de la levée du secret ont permis aujourd’hui la création du Conseil National d’Accès aux Origines Personnelles. Nous savons que pour certains d’entre vous, la création du C.N.A.O.P. ne règlera pas vos problèmes (en l’absence d’éléments identifiants concernant vos origines).
Nous avons contribué à la prise de conscience auprès du public des conséquences dues à l’accouchement anonyme ; nous constatons effectivement depuis plusieurs années que les mères de naissance sont de plus en plus nombreuses à lever le secret de leur identité auprès des organismes concernés et de notre association.
Le travail que nous effectuons en partenariat avec les services de l’Aide Sociale à l’Enfance des départements a permis dans la plupart des cas de contribuer à un meilleur accueil des personnes et à l’ouverture des dossiers.
Nos interventions auprès de la C.A.D.A. ont permis de faire avancer l’accès aux dossiers, pour les personnes nées sous X dont la mère avait laissé des éléments identifiants et qui n’avait pas demandé réellement et expressément le secret ( dans certains cas, l’anonymat ne veut pas dire le secret).
Nous vous remercions bien sincèrement de nous faire confiance et de nous soutenir par votre adhésion.
Vos idées seront les bienvenues, de travailler en collaboration avec vous tous, nous permet d’avancer.
Merci de votre solidarité, et en particulier à Sophie pour le travail fourni et sa patience …merci.
Georgina
MNDA
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Fin mai, l’Assemblée Nationale a adopté en première lecture le projet de loi de Mme Ségolène ROYAL qui crée le Conseil National d’Accès aux Origines Personnelles, appelé déjà par son sigle : " le C .N.A.O.P. ". Notre Association a accueilli cette nouvelle avec d’autant plus de plaisir qu’elle a contribué à l’élaboration du projet en participant aux groupes de travail du Ministère et en rédigeant son propre projet. Nous avons l’espoir que le C.N.A.O.P. voie le jour fin 2001-début 2002 et qu’il permette de mettre en place un système d’accès aux origines personnelles respectueux des droits de toutes les parties concernées (les familles de naissance et ceux qui ont été – ou seront à l’avenir – confiés aux services de l’Aide à l’Enfance ou à des Organismes Autorisés pour l’Adoption – anciennement appelés " œuvres privées " - que nous attendons tous depuis de longues années.
Le C.N.A.O.P. représente en effet des garanties pour le passé, comme pour l’avenir. Les mères qui souhaiteront protégér leur identité auront une autre alternative que l’accouchement " sous X ", puisqu’elles pourront consigner celle-ci par écrit, sous pli scellé, sachant que le C.N.A.O.P. pourra seul la communiquer à leur enfant avec son accord express. En ce qui concerne les dossiers du passé, le C.N.A.O.P. recevra les demandes de levée de secret et sera surtout habilité, lorsqu’il aura été saisi par une personne " recueillie " devenue majeure, à rechercher sa famille de naissance (mère, pères, ascendants, frères et sœurs) pour lui demander si elle est d’accord pour que son identité soit communiquée au demandeur et préparer, grace à une médiation, d’éventuelles retrouvailles. Ce nouveau système est une avancée considérable en faveur du droit aux origines, meme s’il ne résoudra pas tous les problèmes et en particulier celui de l’accès à un dossier " vide ", comme le sont notamment ceux des personnes nées " sous X ". L’important est maintenant que le texte soit adopté par le Sénat et qu’il entre rapidement en application, sachant que nous seront vigilants afin de pouvoir proposer les améliorations que la pratique suscitera.
……………………………………………………………Sophie GRENIER
MNDA
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Cet espace vous est réservé, j’ai choisi de vous présenter une lettre écrite par un homme qui retrouve sa mère après des années de recherches, une très belle lettre
……………….à méditer
Je suis né le 4 février 1957, à Saint-Malo.
Tu avais peut être choisi cette ville parce que tu savais que l’air de la mer proche y produirait ses effets… ou peut être est-ce autre chose. Aujourd’hui, j’y habite encore, mais toit, tu es loin, si loin.
Mon parcours aux circonstances près, fut idéal : mis à disposition des services de la Population et de l’Action Sociale en vue d’adoption le 16 mai 1959, je fus adopté le 30 juin suivant.
Mon Etat civil a été mis à mal, puisque outre ton nom, j’en ai porté deux autres. Mais peu importe, la famille Briand qui m’avait accueilli me chérissait et m’apportait le meilleur : affectivement et matériellement, j’en avais même oublié mon histoire. Celle qui fut mon parcours jusqu’à l’age de 2 ans. Celle qui fut NOTRE histoire, pendant un temps.
Mais un beau jour, j’ai réalisé que je n’étais pas un fils comme les autres, il y avait bien l’amour, le cadre familial, une vague ressemblance avec mon père adoptif, mais il me manquait ce que les mamans émues racontent entre elles, la course à la maternité, l’accouchement, les biberons de la nuit, le premier mot, le premier pas.
Et j’ai compris que moi je venais d’autre part, d’une grande maison mystérieuse où les enfants vivent en attendant qu’une maman leur tende les bras ; j’ai fini par comprendre les discussions à mots couverts lors de repas de famille, les visites d’un mystérieux personnage qui m’interrogeait sur ma famille, les allusions dans la cour d’école …
Puis un jour j’ai rencontré Maris, nous avons eu un fils. A l’age de deux ans, il me surprenait par tous les souvenirs et les descriptions précises qu’il pouvait faire de sa vie, cette vie d’avant deux ans, qui pour moi n’existait pas. Je pris conscience de façon soudaine d’un vide que je ne saurais combler.
J’ai bien posé quelques questions au risque de me brûler au tabou que semblait protéger mon silence.
N’était-ce pas là renier l’amour de ma famille adoptive que de rechercher une mère qui m’avait laissé ? Et puis au fond, il était bien confortable ce silence, il protégeait tout le monde : après tout, en apparence, je pouvais me fondre dans la norme. Et quand on est dans la norme, on ne risque pas d’être rejeté, abandonné.
Deux autres enfants vinrent satisfaire ma fibre paternelle, deux autres enfants avec la course à la maternité, l’accouchement, les biberons de la nuit, le premier mot, le premier pas.
C’en était trop, il fallait que je comble ce manque, que j’offre à mes enfants, outre mon amour, mon affection, la force d’un père ancré sur ses bases. C’était en 1994, les journaux, radio et télévision se faisaient l’écho de nouvelles mesures en faveur de l’adoption … et de recherche des origines. Mais alors…d’autres que moi aspiraient à autre chose que le vague roman que les parents adoptifs s’emploient à dessiner autour du mystère ? – avec sincérité bien sur – mais la peur au ventre. L’autre version du grand méchant loup en quelque sorte .
C’était sans compter avec la machine bien huilée, implacable, intraitable, protégée par ses procédures, ses délais de réponse, ses agents soumis à une hiérarchie vigilante. Mon premier rendez-vous à l’A.S.E. fut des plus décevants. On m’y indiqua que tu venais du Sud de la France, que tu étais chatin aux yeux marrons.
Mais pour le reste de mon histoire, elle devait demeurer à jamais bien rangée sur une étagère, dans une salle anonyme et poussiéreuse. Ah quel beau monde que celui où tous les troubles fêtes seraient rangés, sous haute surveillance sur leur étagère ! Mon dossier était SECRET, confidentiel, tu l’as souhaité, m’a-t-on dit. Quelques années passèrent, j’en restai là, déçu, frustré mais puisque j’étais élevé au rang du secret d’Etat… La morale reprenait ses droits : qui étais-je moi qui voulait défier les lois du mensonge organisé…pour mon bien ?
Une association, rondement menée par Georgina SOUTY-BAUM, interpellait régulièrement les Pouvoirs Publics au sujet du droit à la recherche des origines, par le biais d’émissions télévisées. On y évoquait le besoin impérieux pour nombre d’enfants abandonnés de construire, par la connaissance de leurs origines, les fondations indispensables à la vie d’adulte et de parent. Contacts fut pris sur l’insistance de Marie. En même temps, je décidais de réclamer à nouveau l’ouverture de mon dossier. Cette deuxième visite fut plus chaleureuse, plus humaine. J’y appris un peu plus : j’étais niçois, tu avais 26 ans, je pus lire plusieurs documents et formulaires, on y parlait de foyer maternel, de gardienne, d’abandon, d’adoption. J’ai même pu lire ta lettre confirmant ta décision. Mais rien d’autre, pas d’adresse, pas de nom. Un seul et maître mot balisait l’ensemble : SECRET. C’était mieux, j’avais une histoire, j’existais un peu plus. Mais d’autres que moi détenaient des informations qui m’appartenaient et refusaient de me les restituer.
C’est ainsi que tu repris vie en moi, de façon parfois consciente, parfois inconsciente. C’était donc toi que je guettais, enfant, le nez aux étoiles. Les étoiles effacent les distances : ce sont les mêmes qui brillent à Saint-Malo et à Nice. C’est peut être toi qui a balisé le chemin qui m’amène à t’écrire aujourd’hui, d’autres histoires le racontent : le fil d’Ariane, le petit Poucet… C’est peut-être toi qui m’a légué tout cet amour, si fort, qu’il défie le temps.
C’est peut-être nous qui allons mettre fin à cette quarantaine, qui se compte en années. Aujourd’hui, j’en sais un peu plus, c’est peut-être le moment de se dire que le temps qui nous a été donné de réfléchir ou d’oublier, de chercher ou d’ignorer, nous a permis de construire et vivre, de rencontrer, d’aimer, de perdre, de retrouver.
Tu me relies à la terre, comme les racines à l’arbre. Et je sais maintenant que tu existes ailleurs que dans mes rêves. Tu m’as fait le plus beau cadeau : tu m’as donné la vie. Et moi, à mon tour, j’ai pu la donner. L’homme que je suis aujourd’hui ne peut l’oublier. Cette vie m’a permis de rencontrer le bonheur avec ma femme, mes enfants, je veux que tu en sois le témoin. Ne laissons pas la poussière des dossiers prendre le pas sur la vie, en partageant ce secret, nous en feront le NOTRE et l’ombre du passé ne saura résister à cette nouvelle lumière.
Je serais à Nice, les 27,28,29 et 30 aout, il suffira d’un mot….
Hervé
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INTERNET :
v Fédération Nationale des ADEPAPE : www.fnadepape.org
v Enfance et Famille d’Adoption : www.sdv.fr/efa/
v Mouvement National pour le Droit d’Accès aux origines: www.mnda.st
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BIBLIOTHEQUE :
v Georgina SOUTY, Pour l’amour d’un père, édité chez Ramsay, puis j’ai LU (1995,1998)
v Georgina SOUTY-BAUM et Pascal DUPONT, Destins de mères, destins d’enfants – de l’abandon aux retrouvailles –Odile Jacob
v Jacqueline JANIN-PONTCHATEAU, La quete de l’impossible, récit de vie, auto édition, livre à commander à l’association (prix 120 F., port inclus, établir le chèque au nom de Jacqueline JANIN, merci).
MEME SI VOUS AVEZ ABOUTI DANS VOS RECHERCHES, PENSEZ A RENOUVELER VOTRE ADHESION : NOUS POUVONS OUVRIR D’AUTRES DOSSIERS ET CONTINUER.
NOUS NE POUVONS EXISTER SANS VOTRE AIDE.
MERCI.
Mme Georgina SOUTY-BAUM
Maison Bidainia
64220 ISPOURE tél : 05.59.37.27.34
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