Le Lien

 

MOUVEMENT NATIONAL POUR LE DROIT

D’ACCES AUX ORIGINES FAMILIALES

Association Loi 1901-

Siège social : maison Bidaïnia – 64220 ISPOURE

( 05.59.37.27.34 – http://www. mnda.st

N°4

Janvier 2003

 

Le mot de la Présidente

Tradition et nouveautés…

En cette nouvelle année qui commence, je ne manquerai pas à la tradition et je vous adresse à tous, au nom de l’ensemble de l’équipe, une bonne et heureuse année 2003.

Ensuite, j’ai le plaisir de vous anoncer différentes nouveautés destinées à marquer notre adaptation à l’évolution du droit aux origines et notre volonté d’agir toujours plus efficacement pour défendre notre cause :

- nous avons institué lors de notre dernière A.G. un Comité de Vigilence pour suivre l’application de la loi du 22 janvier 2002 ;

- nous mettons en place des groupes de réflexion et de parole au rythme de 3 réunions par an (voir p. 3) ;

- Notre site internet vient d’etre réactualisé et complété en fonction de la procédure devant le C.N.A.O.P. ;

-Vous pourrez découvrir notre nouvelle plaquette, que nous avons voulue plus attractive pour promouvoir l’Association ;

- Le Lien, notre journal s’améliore aussi dans sa présentation et par la création de nouvelles rubriques.

Nous espérons que ces projets nous permettront d’être plus proches de vous et de vos préoccupations tout en consolidant notre rôle de force de proposition auprès des pouvoirs publics.

 

Georgina

Le mot de la Rédaction : 

Nous attendons vos remarques, suggestions et témoignages pour les prochains numéros, afin que ce journal soit, comme son titre l’indique, un instrument de liaison entre tous les adhérents.

 

Résumé des derniers évènements de la vie de l’Association

l Octobre 2002 :

- Nous avons été reçus au CNAOP par le Professeur Henrion et par Madame Le Boursicot et avons pu transmettre le point de vue du MNDA sur la mise en route de l’institution.

- Notre Assemblée Générale annuelle s’est déroulée à Paris, à l’endroit habituel et a réuni des adhérents très motivés. Elle a été suivie d’un goûter convivial qui a permis des discussions à bâtons rompus.

ØNous remercions tous ceux qui ne pouvant venir, ont voté par correspondance ou par procuration permettant aux décisions prises d’être représentatives.

l Novembre 2002 :

- l’Association est heureuse d’annoncer que notre Présidente a été nommée Chevalier de l’Ordre du Mérite par décret du Président de la République en date du 14 novembre 2002. Elle lui transmet sa fierté et ses vives félicitations devant cet honneur républicain bien mérité. Nous organiserons une jolie fête pour la remise de la médaille.

Ø Georgina très touchée par toutes les marques de sympathie qu’elle a reçues à cette occasion, profite de ce numéro pour remercier de nouveau leurs auteurs.

- Georgina, Dominique et Claudia ont représenté l’Association au Congrès annuel d’E.F.A. (Enfance et Familles d’Adoption). Ce jour-là, Janice PEYRE est devenue Présidente de la Fédération E.F.A. en remplacement de Danielle HOUSSET désormais Présidente d’honneur. La soirée qui a suivi, a été l’occasion de la remise de la médaille de la Légion d’Honneur à Danielle HOUSSET.

Ø L’Association est heureuse d’adresser ses plus sincères félicitations aux deux personnes concernées.

 

 Organisation des groupes de réflexion et de parole

Bon nombre d’adhérents confortés par l’ambiance conviviale de nos Assemblées Générales et de visiteurs de notre site, nous ont fait part de leur souhait de voir mettre en place de réunions périodiques permettant d’échanger des expériences, des témoignages. Nous y avons réfléchi et sommes maintenant en mesure de vous informer de la mise en place de ce que nous avons choisi d’appeler des « groupes de réflexion et de parole » (G.R.P.) : il s’agit de réunions à thème qui se tiendront au rythme de 3 par an. Ouvertes à tous, elles permettront réflexion et débats menés par un ou plusieurs intervenants extérieurs, spécialiste(s) de la question traitée. Le choix des intervenants est guidé par la volonté de combiner une analyse juridique, pratique et psychologique du thème retenu.

A l’issue de ces réunions, l’Association établira un rapport écrit et le cas échéant, des propositions, afin de permettre au droit aux origines de continuer à se développer à partir de l’expérience du terrain.

 

Le programme de 2003 et même début 2004 est déjà fixé pour des rencontres qui se tiendront à Paris, mais rien n’exclut  que plus tard, nous puissions nous réunir en province : n’hésitez donc pas à nous proposer des thèmes et des lieux  de réunion –en n’oubliant past, que nous ne pouvons pas exposer de frais importants pour la location d’une salle -.

 

CALENDRIER des G.R.P. 

- le Samedi 8 mars 2003 : L’accès au dossier et l’accès aux origines.

- le Samedi 14 juin 2003 : L’accouchement dans le secret : les droits des mères et des enfants

- Début octobre 2003 : les droits des frères et sœurs séparés.

F Vous pouvez dès maintenant vous inscrire auprès de l’Association qui vous enverra en tant et en heure votre bulletin d’inscription et précisera l’heure et le lieu de la réunion (en principe de 14H à 16H).

L’actualité juridique du droit aux origines

ù Le 27 novembre 2002 et le 23 décembre 2002, le Tribunal administratif de Paris a rendu les premières décisions d’application de la loi du 22 janvier 2002. Elles consacrent pleinement la coexistence du droit à l’accès au dossier en application de la loi du 17 juillet 1978 relative à la liberté d’accès aux documents administratifs et de l’accès à l’identité des parents de naissance, qui relève de la compétence du CNAOP lorsqu’il y a demande de secret ou un doute sur cette demande. En l’espèce, le tribunal a tranché pour la seconde solution et a invité le requérant, nos deux adhérents, à saisir le CNAOP. Cette première jurisprudence est ainsi essentielle puisqu’elle reconnaît à ceux qui le souhaitent, la faculté d’avoir d’abord accès à leur dossier avec, le cas échéant, occultation des éléments identifiants relatifs aux parents de naissance  avant d’entamer une procédure devant le CNAOP pour obtenir la communication de l’identité proprement dite. Ce droit permet de mieux préparer, y compris sur le plan psychologique, la seconde procédure. Les actions juridictionnelles entreprises ont ainsi permis de faire progresser le droit aux origines, même si elles ont pu décevoir les requérants qui doivent maintenant entreprendre de nouvelles démarches devant le CNAOP et attendre encore avant de connaître l’identité de leurs parents de naissance. 

F Le droit aux origines est désormais plus encadré qu’avant 2002, mais il faut comprendre que le C.N.A.O.P. est là pour garantir le respect des droits de toutes les parties concernées et apprendre à utiliser le temps à consacrer aux deux procédures successives, pour s’approprier son histoire et préparer les retrouvailles lorsqu’elles sont possibles.

ù La décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme dans l’affaire Odelièvre c/ France a été reportée au mois de janvier.

 

 Témoignages

Lettre ouverte d'une poussière de vie à ...INTERDIT !

Un train en partance pour la capitale. Il file à travers le bocage normand tel un fuyard. Pourquoi, comment ce monstre d'acier devient-il pour moi arracheur de vie, brouilleur de pistes ? Par quelle étrange alchimie ma naissance se trouve-t-elle à jamais associée au roulement du train dont chaque tour de roue agit comme un écartèlement viscéral ?

Et si je remonte le temps, si je lui faisais faire marche arrière, où me conduit-il ? Il entre dans une gare où toutes les lumières ont été éteintes... Mais, est-ce bien une gare ? N'est-ce pas plutôt une voie de garage, une voie sans issue. Derrière le butoir du terminus les hommes ont construit à la hâte un grand mur. De quel droit m'interdit-on ainsi le retour à ma source de vie ?

En projetant un nouveau-né dans un cocon familial "sécurisé" et qui plus est, plein d'amour et d'attention, tu croyais bien faire, sauvant ainsi une vie, ...cent vies, d'une mort prématurée ou donnant une chance à une trop jeune mère d'échapper au scandale, à la honte, à l'opprobre et d'effacer ainsi le passé, de repartir à zéro, d'oublier ce faux pas. Prise entre deux feux, sage-femme, tu pares au plus pressé. Tout est clandestinité et interdit. Il ne faut donc pas seulement couper le cordon ombilical, il ne faut pas créer de liens entre la mère et l'enfant. Aussi n'y aura-t-il pas de premier regard échangé et encore moins de premier sourire complice ! Ainsi l'enfant n'aura pas d'image du visage de sa mère gravée au fond de sa mémoire : et le tour est joué ! Tu as été sincère, Léonie C... . Comment aurais-tu pu savoir à l'époque que de poser des scellés sur une entrée de vie serait de l'ordre de l'intolérable pour au moins un de ces petits bouts de vie ? La société a agi ainsi depuis toujours. Et que se passe-t-il alors pour l'enfant face à ce non-dit, ce déni ? A lui de faire avec cette non-reconnaissance !...

Les gens "bien pensants" ne réalisent pas l'importance de leurs racines. Ils savent qu'ils en ont et n'ont parfois aucun besoin de s'en préoccuper. Alors, pourquoi ceux que l'on a déracinés sans préavis chercheraient-ils à savoir ? Stupide et sans intérêt, pensent-ils. Ces braves gens ignorent que, privé de passé, il peut arriver que l'on ne voit pas l'avenir et qu'alors, le présent devient souffrance incompréhensible et incompressible. A se heurter la tête contre un mur, cela tourne parfois au cauchemar, si ce n'est à la folie ! Personne n'a le droit d'interdire à un être humain la clé de son passé. Avant toute naissance, il y a neuf mois de croissance dans un sein maternel où la vie mère enfant est indissociable, où le nourrisson mémorise joies et angoisses maternelles et où la mère transmet à son insu une mémoire familiale.

Puisque, dés sa conception, il est détenteur d'une histoire, il est en droit de connaître sa véritable identité. Même si sa mère ne désire pas renouer des liens, par peur de rouvrir une plaie qui fut parfois longue et douloureuse à cicatriser, cela pourrait au moins permettre à l'enfant d'aller chercher au-delà d'elle cette histoire qui le taraude. Puisqu'il faut 100 ans pour avoir accès aux archives administratives, de part la loi, il pourrait remonter ainsi deux, trois, voir quatre générations et plus dans sa famille de sang, s'il en éprouve un désir ou une nécessité.

Je serai étrangère à moi-même tant que je n'aurai pas l'ébauche d'une réponse à la question que chacun se pose un jour ou l'autre : Qui suis-je ? Qu'elle est mon origine ?

Sans comprendre, sans logique, sans explication, cette mémoire indéchiffrable parce que je n'en ai ni le code d'accès, ni la clef, devient parfois présence, entraînant une conduite non contrôlable. Je sais que je dois poser ce geste, accomplir cette action, non pour une raison apparente ou logique mais poussée par une force intérieure. Pendant des années, j'ai subi cela avec un sentiment de culpabilité provoqué par cet interdit originel ! Mais à quarante ans, sans m'en douter, j'ai saisi la chance d'une renaissance. Décidant de rompre le tabou, j'ai lancé mon cœur par-dessus le mur natal contre lequel je me heurtais depuis tant d'années, non sans la crainte qu'il ne me revienne en lambeau, déchiqueté par le néant que je croyais y trouver. Il m'est revenu si brûlant d'amour que le mur d'interdits a fondu devant moi et, si aujourd'hui, toute trace matérielle ou "officielle" de mon origine maternelle m'est toujours dérobée par une loi du silence, plus personne n'empêchera mon cri d'amour de rejoindre le cœur d'une jeune fille mineure qui, par amour m'a conçue à son insu l'été 51 et me donna naissance neuf mois plus tard, quelque part près de Rouen, ...Canteleu, en Normandie, le 7 mars 1952.

                                                                                        ... Il y a cinquante ans déjà !

                                                                                                  A toi, à jamais, merci pour la Vie !

 

 

"Tant qu'un cœur bat c'est que l'on existe"

Je te cherchais mais personne ne m'aidait à ouvrir ces portes qui m'aurait conduite jusqu'à toi bien plus tôt. Les seuls documents en ma possession : mon extrait de naissance, un acte de ta naissance et de ton mariage, pas d'extrait d'acte de décès... par quelques indices, avec l'aide de mon mari, nous avons cherché à quel endroit dans Paris tu pouvais bien-être car tu existais, mais c'était chercher une aiguille dans une botte de foin. Toi qui faisais ce long trajet pour nous rendre visite en Normandie, nous tes enfants qui avaient été placés par la D.D.A.S.S.. Comprendre les raisons de ce silence, plus de visites... Il me manquait tellement de renseignements.

Seize années se sont écoulées, je me rappellerai toujours de cet instant où j'écoutais la radio : le témoignage d'une jeune femme qui recherchait son père, une dame qui donnait le numéro de téléphone de son association pour lui venir en aide. Je pris contact avec cette dame qui me renseigna sur les démarches à suivre.

Huit mois plus tard, en janvier 1998, la gendarmerie m'appela pour me dire qu'ils t'avaient localisée. Nous fîmes le voyage avec mon mari jusqu'à Paris pour te retrouver après toutes ces années de séparation, tu étais dans un hôpital où l'on soigne les maladies mentales...

Tu leur avais dit que tu avais des enfants mais tes paroles n'avaient pas été prises au sérieux pensant que tu fabulais. Avant d'être dans cet hôpital, tu n'avais pas de maison, tu étais S.D.F. et l'on m'a même dit « clocharde ».

Tu avais quitté ta Lorraine natale pour venir sur Paris pensant trouver le paradis. Tu t'es mariée en 1954 à un homme qui t'a amenée sur des mauvais chemins et qui t'a abandonnée.

Grâce à toutes ces lettres que j'ai retrouvées en allant consulter mon dossier, tu prenais de nos nouvelles, tu disais que tu nous aimais, je sais aujourd'hui que tu avais un cœur de maman.

Tu as demandé que tes enfants ne soient pas séparés, à mon grand étonnement, j'apprenais ainsi que j'avais encore des frères et sœurs, nous étions 9 au total.

Les recherches n'étaient pas terminées, je devais en lancer de nouvelles...

Mais avant tout, te ramener auprès de nous en te cherchant une maison pour personnes âgées. L'assistante sociale qui s'occupait de toi, entreprit les démarches nécessaires pour que tu puisses être enfin à nos côtés. J'ai retrouvé ton frère et ta belle-sœur, ils vivent toujours en Lorraine.

Juillet 2000, nous effectuons un voyage avec toi en Lorraine.

Décembre 2000, je retrouvais mes 2 sœurs aînées,  elles ne savaient rien de notre existence  tout comme moi, j'apprit que nous avions un frère décédé à l'âge de 20 ans. Elles habitent la région de Toulouse, les kilomètres nous séparent, elles organiseront un voyage pour venir nous voir et te retrouver en août 2001. Nous allions être réunis, nous nous en faisions tous une joie.

Le 8 juillet 2001, ton cœur s'est arrêté de battre maman, et c'est dans ma maison que tu t'en es allée vers cette autre destination...

Toi qui avais été déchue de tes droits parentaux, mise en marge de la société.

Maintenant tu reposes en paix.

Marie-Claire

      

BIBLIOGRAPHIE

Cette rubrique est destinée à vous communiquer des titres de livres qui ont été envoyés à l’Association ou qui nous ont été recommandés. N’hésitez pas à faire vos propres suggestions quand un livre sur les origines, l’adoption, l’abandon… vous a plu : envoyez à l’Association, le nom de l’auteur, le titre et une brève présentation du livre

- Janice PEYRE, Guide Marabout de l’adoption, Enfance et Familles d’Adoption, éd. Marabout, 2002-15,95€ [guide pratique]

- Patricia DELAHAIE, Etre la Fille de sa Mère et ne plus en souffrir, éd. Marabout, 2002 – 14,99 € [réflexion]

- Colette FRERE, Elles ont abandonné leur enfant. Elles racontent, éd. Plon – 16 € [réflexion]

- Prune, BERGE, t’es pas ma mère, Actes Sud, coll. Babel, 2002. [roman]

 

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!4!? Informations pratiques!4!?

²- Nous préparons les premiers dossiers destinés au C.N.A.O.P. : la mise en route peut vous paraître un peu longue, mais elle est complexe parce que les textes n’ont pas tout prévu. Nous terminons l’élaboration de notre « protocole de saisine » (définition de la procédure à suivre, de la liste des pièces à fournir et des formulaires types de demande). Cela permettra de gagner du temps ensuite en évitant les difficultés rencontrées par certains demandeurs qui doivent compléter leurs dossiers à la demande du Conseil. Nous arriverons en définitive à nous retrouver en phase avec le Conseil qui pour l’instant n’a fait qu’enregistrer les demandes.

²- Veuillez noter que les bureaux de l’Association seront désormais fermés pendant tout le mois d’août ainsi qu’entre Noël et le Jour de l’An. Merci de votre compréhension. 

²-Merci à tous ceux qui ont déjà renouvelé leurs adhésions. Merci aussi d’avance à ceux qui ne manqueront pas de le faire, avec une pensée particulière pour ceux qui continuent à adhérer, même s’ils ont retrouvé leurs origines car leurs cotisations et dons servent à faire aboutir de nouveaux dossiers pour ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens.

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