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NOTE D’INFORMATION SUR LA PRATIQUE DE LA MEDIATION AUPRES DES MERES BIOLOGIQUES

 

Georgina SOUTY-BAUM, Présidente de l’Association " Droit de Parole pour des Citoyens Différents ", devenue en 2000 le "Mouvement National pour le Droit d’Accès aux origines familiales (M.N.D.A.) " a essayé ici de rendre compte d’une pratique de la médiation longue d’une dizaine d’années. Mais il ne faut pas oublier que chaque expérience est unique, de sorte que les propos qui vont suivre ne sont qu’un " schéma " général qui mérite d’être adapté au gré des histoires de chacun.  

 

* La préparation de la médiation :

La première étape de la médiation est personnelle au médiateur ou à la médiatrice, mais elle est néanmoins très importante : il s’agit de préparer minutieusement le premier contact avec la Mère selon un code de conduite bien précis qui s’articule autour de 3 idées :

- La discrétion : les recherches afin de localiser les Mères doivent être diligentées avec discrétion. Il en est de même avec la première prise de contact. En effet, dans la plupart des cas, l’entourage familial n’est pas au courant de l’abandon. Cela peut d’ailleurs, lors du premier contact, être la cause d’un refus de médiation.

- Une première approche des circonstances de l’abandon : avant d’engager une médiation, il est très important de réunir, dans la mesure du possible, un maximum d’informations sur les circonstances de l’abandon, notamment à partir des éléments qui figurent dans le dossier de l’enfant.

- une écoute appropriée : le médiateur ou la médiatrice doivent moduler leurs propos en fonction de ce qu’ils connaissent du dossier de l’enfant et savoir s’adapter immédiatement aux réactions de leur interlocutrice.

** La mise en oeuvre de la médiation : le premier contact téléphonique :

Il est très important de se rappeler à chaque moment d’un entretien avec une Mère, que celle-ci a vécu dans la plupart des cas dans le " mensonge " et la culpabilité. Certaines d’entre elles l’exprimeront en disant " j’ai abandonné mon enfant, je suis une mauvaise mère, je suis coupable ", pour d’autres, le message sera implicite. Dans ces conditions, la " procédure " de médiation suit plusieurs étapes que l’on peut schématiser de la manière suivante :

- il est très important de déculpabiliser la mère. Bon nombre d’entre elles ont peur que leur enfant leur en veuille terriblement et qu’il puisse les juger.

- une fois la déculpabilisation acquise, il faut lui redonner son rôle de Mère. Il est difficile de parler, des années après l’événement dramatique que l’abandon a constitué, de " sa " fille ou de son " fils " qui n’est plus un nouveau-né.

- il faut également rassurer la Mère quant aux motivations qui ont conduit son enfant à la rechercher

- il faut ensuite amener la mère à parler de ce passé douloureux, à parler d’elle et de son histoire, sachant que bien souvent, elle n’en a encore jamais parlé à personne.

- il est important de lui parler de son enfant, de son histoire, de sa vie actuelle : elle peut être heureuse d’apprendre que son enfant a fait des études, de connaître son métier et de savoir s’il a lui-même des enfants. Les Mères demandent aussi souvent si leur enfant a été heureux dans sa famille adoptive.

- il faut ensuite lui expliquer qu’elle seule décidera des retrouvailles éventuelles et qu’elle peut se réserver le temps de la réflexion. Pour l’aider à faire ce chemin, la " pratique " des retrouvailles lui est expliquée : d’abord des courriers, puis des échanges téléphoniques, des échanges de photos, pour aider l’enfant et la mère à faire " mûrir " la future rencontre. Il lui est également proposé une aide psychologique en cas de besoin, et bien sûr, l’aide du " médiateur " lui-même, dont le rôle ne saurait s’arrêter trop tôt.

- dans la plupart des cas, le " médiateur " assistera au premier contact direct entre la Mère et son enfant.

- le " médiateur " reste à la disposition de la Mère pour répondre à ses questions et l’accompagner tant qu’elle en ressentira le besoin. Même une fois la première rencontre réalisée, l’accompagnement est encore parfois nécessaire un certain temps pour permettre d’établir des liens qui sont propres à chaque histoire.

*** Présentation schématique des résultats d’une Médiation:

Le " résultat " d’une Médiation, au delà de la capacité d’écoute et de compréhension du " médiateur " est lié en réalité, dans la plupart des cas, aux circonstances dans lesquelles la Mère a été conduite à abandonner son enfant :

n Telles, qu’elles apparaissent, le plus souvent dans les dossiers, ces circonstances sont :

(A)- La pression familiale ou la pression de l’entourage

(B)- La mère ne peut assumer matériellement son enfant, parce qu’elle est sans travail, sans ressources ou a été rejetée par sa famille etc...

(C)- La Mère qui a été elle-même abandonnée par le père de l’enfant, ne peut avouer " sa faute " à sa famille.

(D)- Le viol ou l’inceste (qui sont heureusement en pratique, très rares)

(E)- La Mère a expliqué ne pas vouloir garder un enfant qu’elles n’a pas désiré et dont elle ne connaît pas le père.

 

n Selon les cas, précités, une démarche de médiation a plus ou moins de chances de réussir :

Ø Dans les cas (A), (B), ou (C), en principe, une médiation à toute les chances de réussir. Mais il faut tenir compte d’un facteur très important qui motive souvent le refus d’une Mère à accepter des retrouvailles : elles ont bien souvent caché à leur compagnon et à leurs enfants, l’abandon d’un premier enfant et ont alors une peur viscérale d’être abandonnées à leur tour, sinon jugées. Dans ces cas, la Médiation s’avère souvent difficile et elle peut n’aboutir qu’à des retrouvailles dans le secret, difficilement gérables tant pour la Mère que pour l’enfant.

Ø Dans cette hypothèse (D), une médiation ne peut avoir lieu sans l’intervention d’un membre du corps médical (psychiatre, psychologue).

Ø Dans ce dernier cas (E), à de rares exceptions près, la Mère oppose un refus total de médiation et d’éventuelles retrouvailles.

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